Amour philosophique

Quand l’amour pur et dénué du désir inconditionnel de possession est juste l’idée, seule, unique et entière d’être heureux seulement de savoir que l’autre existe, en ce moment, respire et pense quelque part. alors le bonheur est atteint, immense, inouï, impalpable, juste de le savoir vivre, tout simplement…

Qu’il est bon de reparler d’amour !

Inondés

À tous les inondés,
J’envoies toutes mes pensées,
Car aura-t’on vu pire que quitter sa maison,
Abandonnant ses biens, comme laisser sa raison,
Et partir nulle part pour y passer la nuit,
Prier avec ferveur, dans l’espoir infini,
D’y revenir vite et retrouver indemne,
Les repères rassurants pour oublier la peine.

Un pays qui prend l’eau…

Mais quel est le sens de cette période de gris et d’eau, de revendications multiples, de grèves et de déroute ?
Que devient notre France, déjà bien bancale ?
Quelle grande faute expions-nous ?
Il s’était dit, comme une boutade, que notre Président attirait les pluies… Mais à ce point là !

Je pense à un passionné de tennis européen, venu enthousiaste et réjouis, de Rome, de Hambourg, de Londres ou de Barcelone, passer une journée à Roland Garros, et qui se trouve jeté dans une apocalypse d’inondations, d’absence de transport, de manque d’essence, de manifestations et de casse sous un ciel bas et mouillé, je pense à sa déception et à son désarroi, je pense à son incompréhension, et je pense à sa certitude probablement de ne pas revenir de si tôt, et je le comprends…

Réveillons-nous et aimons notre pays, pour que les autres puissent eux aussi à nouveau l’aimer.

Mais où va le monde ?

Pendant que des avions disparaissent et que des hélicoptères tombent, que les pompes à essence deviennent des théâtres d’angoisse psychotique, la colère gronde et la violence monte. Notre police ramasse les coups et les insultes adressés à ce monde qui ne tourne plus rond, Donald Trump savoure ses victoires, et François Hollande ses défaites.
Mais John Irving, ouf, continue d’exercer brillamment son talent en nous offrant son 17ème roman… Le monde n’est peut-être pas si pourri ?!

Public assassin…

Quel est ce public télévisuel à qui l’on donne tout pouvoir ?
Public qui décide, avec des goûts plus que discutables, du sort de nos artistes héroïques, travailleurs et battants…
Je m’entends !
Fan de cuisine, inconditionnelle, je l’avoue, de Top Chef, et versaillaise pour toujours, j’ai suivi le combat du talentueux Xavier Pincemin, aux yeux verts, très élégant sous-chef au Trianon Palace de ma chère ville natale précitée, contre le non moins talentueux Pierre Augé, sans yeux verts néanmoins, mais à l’accent bien plus ensoleillé.
« Combat des chefs » disent-ils, sans mentir sur l’énergie guerrière de chacun.
Xavier remporte le duel auprès des professionnels étoilés, victoire arrachée sur un dessert aussi chic que délectable semble-t-il.
Mais, pour d’obscures raisons qui n’ont rien à voir avec leur talent, c’est au public, voix pesant aussi lourd que celle des chefs présents, de décider du sort de chacun en jugeant le « visuel » des plats proposés, et de finalement, haut la main, donner victoire à Pierre, en considérant du haut de leur goût de téléspectateur qui vote, que ses plats furent bien plus beaux que ceux de Xavier.
Dommage de faire triompher malgré tout, à l’encontre de saveurs brillamment jugées par d’aigus professionnels, vrai sens du programme, un vainqueur qui ne l’était pas, à l’issue d’un combat de sueur et de coeur, sur une confiance offerte de moitié à des novices qui s’ennuient dans un canapé.
Seraient-il possible de cesser de gâcher de belles émissions et de beaux parcours leur donnant des fins aux saveurs de carnages,  qui nous font oublier tout l’excellent qui lui a précédé ?
C’est dommage pour les quelques bons programmes que l’on aime, et qui finissent par nous décevoir.

 

Prince

Un deuil encore qui provoque le séisme de celles d’un Michael Jackson ou d’un David Bowie…

Parce qu’on y voit là l’anéantissement d’une époque devenue lointaine et qu’on voudrait proche encore, celle de nos adolescences, rythmées par leurs sons révolutionnaires et endiablés.
On se revoit alors dans nos chemises en soie lavée aux encombrantes manches sauve-souris, les cheveux de nos improbables coiffures, humides et collants, s’accrochant tant bien que mal à nos têtes, oscillant frénétiquement, enragées et ravies…

Belle jeunesse qui s’inhume toujours un peu plus profondément à ces morts annoncées !

« Le livre des Baltimore »

EXTRAORDINAIRE…

Joël Dicker confirme son art à nous embarquer dès la première page et nous promettre quelques nuits blanches…
Il nous attache, nous drogue, nous rend dépendant de ses personnages, leurs histoires romanesques, leurs ambiances, leurs joies et leurs peines.
On fait partie d’une famille, d’un environnement, d’un destin, et l’on appréhende l’épilogue du tout, l’impression d’abandon, le vide que laissera le mot « fin » !
On y entre avec la terreur d’en sortir, la peur de ce que sera la vie après…
Les moments furent inoubliables d’une aventure qui se déroule en partie à Miami, et lue par moi-même, abandonnée sur ses plages merveilleuses !

Ce fut fantastique !

« La septième fonction du langage » ou « qui a tué Roland Barthes ? »

O.L.N.I
Objet Lu Non Identifié !

Renversant; richesse des mots, scénario affûté, destins de personnages célèbres, Politiques ou Philosophes, Écrivains ou Professeurs agrégés, et réminiscences de ces années 1970 et 1980, plateaux télé enfumés, débats à bâtons rompus, art de la prose, verve acrobatique d’un langage fait arme, intrigue et foultitude de cadavres autour de la quête de ce graal, cette formule secrète qui rendrait invincible celui qui la possède.
C’est passionnant et brillant !
Mais comment avoir cette imagination et pondre un tel météorite ?
J’aurais aimé que ce fût moi, j’aurais aimé avoir eu l’Art de Laurent Binet…
Quel bien de lire des oeuvres aussi atypiques qui nous donnent à réfléchir en nous enrichissant d’Histoire et de mots, et où le réel s’emmêle avec la fiction sans qu’on sache en déterminer les limites.

Sacré voyage que je ne suis pas prête d’oublier !